L'araignée du goûter
28/10/2009 16:27 par valeska
J’aime la galette
Savez-vous comment ?
Quand elle est bien faite
Avec du beurre dedans
Tralalalalalalalalère
Tralalalalalalalala….
Je fais le tour de ma maison
Faire le tour du visage
J’ouvre un volet
Soulever un sourcil
J’ouvre un deuxième volet
Soulever l’autre sourcil
Bonjour papi
Toucher la paupière fermée
Bonjour mamie
Toucher l’autre paupière fermée
Je descends l’escalier
Descendre le long du nez avec l’index et le majeur
Dring! dring!
Appuyer sur le bout du nez
Je m’essuie les pieds sur le paillasson
Frotter son index sous le nez
Et je rentre!
Faire mine d’entrer dans la bouche
Frère Jacques
Frère Jacques
Dormez-vous
Dormez-vous
Sonnez les matines
Sonnez les matines…
Ding … Dung … Dong
Ding … Dung … Dong
Dansons la capucine,
Y’a plus de pain chez nous.
Y’en a chez la voisine,
Mais ce n’est pas pour nous.
Zou !
A vous dirais-je maman
Ce qui cause mon tourment
Papa veut que je raisonne
Comme une grande personne
Moi je dis que les bonbons
Valent mieux que la raison
1, 2, 3
Nous irons au bois
4, 5, 6
Cueillir des cerises
7, 8, 9
Dans mon panier neuf
10, 11, 12
Elles seront toutes rouges.
Dans la forêt lointaine,
On entend le hibou.
Du haut de son grand chêne,
Il répond au coucou.
Coucou hibou,
Coucou, hibou,
Coucou hibou,
Coucou.
Comme chaque année, Choupinet avait planté de nombreuses
variétés de choux dans son grand potager. Dans les carrés de
terre bêchée s'alignaient des choux rouges, des choux blancs,
des choux verts, des choux cabus, des choux pin, des choux-
fleurs, des choux frisés, des choux pommés, des choux raves,
des choux de Milan, des choux chinois, des choux de Bruxelles,
des choux de Jalhay, etc.
Leur culture était bête comme chou, elle demandait juste une
bonne fumure* et de l'espace. Le soleil et la pluie se chargeaient
du reste.
Au fur et à mesure de leur maturité*, le jardinier en faisait la récolte
pour les vendre au marché. Souvent, tout en s'affairant, il avait
l'habitude, gardée de ses années d'école, de réciter les règles
de grammaire.
Sa préférée était celle du pluriel des mots se terminant par " ou "
(tous les mots se terminant par " ou " prennent un " s " au pluriel, sauf chou, bijou, genou, joujou, caillou, hibou et pou qui prennent un " x ") Par conséquent, il faut écrire : " Mes choux, mes bijoux, venez sur mes genoux avec vos joujoux pour jeter des cailloux aux vilains hiboux pleins de poux. "
Un matin, Choupinet pénétra dans ses plantations alors que la rosée garnissait encore de mille perles les légumes alignés. Tout était calme et les oiseaux égayaient les buissons environnants de leurs chants, trilles* et autres piaillements.
Mais, en écoutant mieux, le jardinier perçut des sons insolites* en ces lieux. On aurait dit des pleurs. Et ces pleurs l'attirèrent vers le carré de choux verts où il découvrit, installé au cœur du plus gros d'entre eux, un bébé en larmes.
Instinctivement, il le prit dans ses bras et se mit à chantonner
" Savez-vous planter les choux, à la mode, à la mode, savez-vous planter les choux, à la mode de chez nous ? " La ritournelle calma instantanément l'enfant.
Seigneur ! Qu'il est chou, s'émerveilla Choupinet tout en emmaillotant le nouveau-né dans son grand sarrau* bleu avant de le coucher sur un bon lit de paille au creux de la brouette.
C'est avec ce landau improvisé qu'il fit le tour du voisinage en quête du couple qui avait passé commande d'un bébé, mais il fit chou blanc, ses recherches restèrent vaines.
Et c'est ainsi qu'à sa grande joie, Choupinet, célibataire endurci, se retrouva papa d'un enfant né dans un chou par un beau matin ensoleillé. Il suffisait d'y croire et de cultiver des choux.
Ce dernier jour de classe Monsieur Mathieu, l'instituteur, est
heureux. Il a réuni ses élèves dans la cour pour qu'à tour de
rôle ils lui dévoilent leurs projets de vacances.
- Demain, dit Léa, je pars à la mer et je me réjouis d'aller à
la plage pour voir voler mon nouveau cerf-volant.
- Je vais accompagner Papa quelques jours à bord d'un petit
voilier, explique à son tour Gilles, nous ferons escale dans
différents ports.
- Et moi, je vais chez mes grands-parents, ils habitent un village
perché tout là-haut dans la montagne, poursuit Antoine.
- Et toi, Nancy ? questionne Monsieur Mathieu.
- Oh ! Moi, je reste à la maison, répond Nancy, mais Maman
nous a promis de faire quelques excursions, nous irons au zoo
et puis nous prendrons le train pour aller dire bonjour à tante
Charlotte et à toute sa famille.
Quand tous les élèves ont parlé, Monsieur Mathieu les félicite.
- Vous avez bien travaillé cette année, vous avez mérité de vous
reposer, je vous souhaite à tous de bonnes vacances.
Ces paroles tombent par hasard dans l'oreille indiscrète du vent qui s'engouffre sous le préau.
- Je prendrais bien un peu de repos, moi aussi, pense le vent, je suis épuisé d'avoir tant soufflé.
Et il s'endort aussitôt. Oui mais voilà, que se passe-t-il quand le vent s'endort ? A la plage, Léa est triste, son cerf-volant refuse de s'élancer vers le ciel. " Il n'y a pas de vent, prends patience " dit son grand frère. Gilles et son papa sont déçus. Aucun souffle ne vient gonfler la voile de leur petite embarcation condamnée à rester amarrée au quai. Antoine ne peut pas aller observer les marmottes avec son grand-père car toute la montagne est plongée dans un épais brouillard que seules de fortes rafales de vent pourraient dissiper. Quand Nancy se rend au zoo la chaleur est étouffante. Pas la moindre brise n'aère les allées, les animaux se cachent sous les arbres pour trouver un peu de fraîcheur et la visite est ratée.
Deux jours plus tard, chez tante Charlotte, elle observe tout en haut d'une colline des éoliennes dressées tristement comme des géantes aux bras figés. Les jours se succèdent mais le vent ne se manifeste toujours pas. Les gens sont intrigués, une rumeur monte, monte, inquiète : " Le vent a disparu ! Où est passé le vent ? "
Elle se répand à travers tout le pays et parvient un matin sous le préau de l'école, là où dort le vent.
- Qui me cherche ? Qui a besoin de moi ? murmure le vent en se réveillant.
Il se sent si frais, si dispos, après sa longue sieste, qu'il respire un grand coup et se remet à souffler, à souffler encore et encore... Et tout se ranime.
Le cerf-volant multicolore flotte tout là-haut dans le ciel, la voile tendue du petit bateau voguant à bonne allure égaie les vagues, le brouillard disparaît, la montagne s'éclaircit, se réchauffe sous le soleil. Les éoliennes tournent inlassablement.
Le vent est revenu, le vent est revenu !